Vous n’aurez pas ma haine – d’Antoine Leiris

Vous n’aurez pas ma haine – d’Antoine Leiris

Vous n'aurez pas ma haine - Antoine Leiris

Éditeur : Fayard (2016)


Le livre :

« Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan.
Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
A l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre.
Un témoignage bouleversant. »


Pour ce petit mot, je ne vais pas vous faire l’habituel article par catégories « j’ai aimé, je n’ai pas aimé » etc.
Je n’ai pas envie de décortiquer ce livre.
Ce que j’en ai pensé, ce qu’il m’a fait ressentir, je vous l’ai écrit sur Instagram, pas « à chaud » mais presque.
Voir le post sur Instagram 
Je reviens ici pour vous livrer simplement certains passages qui ont été, pour moi, les plus forts. Ceux qui résonnent.
Antoine Leiris a su trouver les mots pour retranscrire ce qui peut se passer dans la tête et dans le coeur au moment de la perte d’un être (très) cher.
Par contre, la lucidité dont l’auteur fait preuve est assez incroyable, d’autant plus qu’il me semble que le livre a été écrit à peu près dans les quinze jours qui ont suivi l’attentat (si je me trompe, n’hésitez pas à me le signaler hein !)

Attention :
Même si on ne peut évidemment pas parler de « spoil » car il n’y a bien sûr pas d’intrigue, je vous conseillerais, si toutefois vous aviez l’intention de lire le livre, de plutôt découvrir ces mots dans leur contexte, au fil du récit.

Page 48 – A l’institut médico-légal

Une jeune femme s’adresse à nous. Sa voix trahit son habitude. « Moments difficiles… circonstances terribles… travail de la police… ». Tous ses mots semblent usagés, une compassion de seconde main. Ses silences sont calculés, ses gestes préparés, son sourire paraît tout droit sorti du manuel du « Petit croque-mort illustré ».
Chapitre V « Annonce à la famille »

Page 51 – suite

Je pleure, je lui parle, j’aimerais rester une heure encore, une journée au moins, une vie peut-être. Mais il faut la quitter. La lune doit se coucher. Le soleil, ce 16 novembre, se lève sur notre nouvel « Il était une fois… ». L’histoire d’un père et d’un fils qui s’élèvent seuls, sans l’aide de l’astre auquel ils ont prêté allégeance.
« Monsieur, il faut la laisser »

Page 68 – On sonne à la porte…

« C’est pour le compteur EDF »
(…)
Je pensais que si un jour la lune disparaissait, la mer se retirerait pour qu’on ne la voie pas pleurer. Que les vents cesseraient de danser. Que le soleil ne voudrait plus se lever.
Il n’en est rien. Le monde continue de tourner, les compteurs d’être relevés

Et ce long passage, pages 106-107, où l’auteur se demande « Aurai-je encore le droit…? »
Voilà, voilà… Je m’arrête là.
Ce livre me faisait peur, et il n’y avait pas de quoi 🙂 Non seulement il n’y a, en effet, pas de haine dedans, mais il est plein d’amour…

Lire un extrait (cliquez sur la couverture)

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