Les opposés s’attirent… ou pas !

Ecriture avec Anne-Gaëlle


L’atelier d’écriture d’Anne-Gaëlle :

Au début du mois de juin, j’ai reçu sur Instragram un petit mot de la part d’Anne-Gaëlle Huon, qui m’invitait gentiment à participer à son atelier d’écriture du mois.

Si vous ne la connaissez pas encore, Anne-Gaëlle Huon est l’auteur de deux romans. Buzz ! qui parle de Bérangère, une bibliothécaire un peu farfelue qui vient d’être sélectionnée pour participer au jeu télé le plus regardé du moment. Et son dernier bébé, tout nouveau, tout chaud, Le bonheur n’a pas de rides, raconte les aventures de Paulette, un sacré bout de vieille dame, qui se retrouve, contre sa volonté, pensionnaire dans l’auberge de monsieur Yvon et qui souhaite, plus que tout, quitter cet endroit. Mais les autres habitants, leurs secrets et quelques lettres mystérieuses vont éveiller sa curiosité…

Anne-Gaëlle et moi nous suivions mutuellement sur Instagram depuis quelque temps, écrivant un petit mot par ci, un petit commentaire par là.

Quand j’ai reçu l’invitation, j’avoue avoir un peu hésité. Ahhh ! Toujours cette fameuse trouille qui nous freine tellement souvent !

Mais bon, quand on passe sa vie à avoir peur, en général, on passe aussi sa vie à… ne rien faire.
Eh oui ! La peur est plus efficace qu’une dose de curare quand il s’agit de vous paralyser quelqu’un 🙂 Alors, je me suis lancée.

Et qu’est-ce que j’ai bien fait !! Nous étions 12, que des filles, que des personnalités ! Des plumes uniques et toutes différentes… Et je crois que grâce à cet atelier, nous avons toutes passé un superbe mois de juin ! 🙂

Anne-Gaëlle nous a concocté quelques exercices très sympa, et je vous livre ici le petit texte que j’ai écrit pour l’exercice numéro 2, mon préféré…

En deux mots, nous avions chacune répondu  à quelques questions par mail avant le début de l’atelier. Anne-Gaëlle s’est chargée de mélanger tout ça, et de renvoyer à l’une le questionnaire d’une autre, avec pour consigne d’écrire un petit mot mettant en scène ce « personnage » qui devait, bien sûr, être en cohérence avec les informations données.

Pour ma part, j’ai reçu le questionnaire de Gwendoline, Gwendoo, qui disait :

« Je m’appelle Gwendoline, j’ai 35 ans. J’aime beaucoup de choses simples comme marcher pieds nus, les balades en forêt, la mer, l’orage, … puis imaginer le lieu où je me trouve, à une autre époque, avec les us et coutumes qui lui correspondent. Je n’aime pas les guêpes, les plats épicés, les gens qui ne sourient pas ou qui ne sont jamais contents, et surtout je n’aime pas cette citation : « Trop bon,trop con » »

Voici donc les quelques lignes que Gwendoo m’a inspirées 🙂 N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire.

Anne-Gaëlle, un très grand merci pour tes précieux conseils, ton énergie positive et ta bienveillance. Cet atelier a été un vrai plaisir. Merci beaucoup ! Oublie les placards, ignore les tables collées au mur et repose ce Sopalin 😉

Les filles, Béatrice, Nolwenn, Karine, Stéphanie, Nathalie, Gwenaëlle, Muriel, Sophie, Gwendoo, Delphine et Evelyne, je vous fais une TRÈS grosse bise 🙂

 

 

 


Les opposés s’attirent… ou pas !

Après plusieurs heures d’attente, une voix grésillante sortant des haut-parleurs se fait entendre :
« Ici votre commandant de bord. Je suis navré de devoir vous annoncer qu’une avarie matérielle retient momentanément notre avion au sol. Nous ne pourrons malheureusement pas décoller avant demain ».
Un brouhaha mécontent s’élève dans la cabine.
« Si vous résidez ici, nous vous prions de rejoindre votre domicile pour la nuit. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à vous diriger vers l’accueil du hall G où une hôtesse se chargera de vous trouver une chambre d’hôtel ».
— Manquait plus que ça ! peste Adélaïde en se levant pour récupérer son sac à main dans le compartiment au-dessus de son siège.
Elle continue de pester, en sortant de l’avion, et aussi dans l’escalator.
— Je le savais, que ce voyage était une mauvaise idée ! J’aurais dû rester chez moi.
Adélaïde déteste les imprévus. Elle en a eu son lot, et à soixante-dix ans, ce qu’elle veut, c’est être tranquille, chez elle, dans sa villa impeccablement rangée. Mais lorsque son fils François, qui vit en Australie depuis 5 ans, lui a demandé de venir pour rencontrer la femme qui partage sa vie depuis plusieurs mois, elle n’a pas pu refuser. L’idée de faire escale en Asie pour quelques heures était plutôt plaisante, mais rester coincée sur place, c’était une autre affaire.
Quand son bagage finit par apparaître sur le tapis roulant, trente minutes plus tard, il ne reste plus qu’elle.
Traînant sa valise à roulettes derrière elle, elle arrive enfin à la réception du hall G, où l’hôtesse, en pleine conversation avec une jeune femme, s’interrompt pour l’accueillir :
— Bonjour Madame, puis-je vous renseigner ?
— Bonjour Mademoiselle. Je fais partie des passagers dont le vol a été annulé pour une panne quelconque. Pourriez-vous me trouver une chambre, je vous prie ?
L’autre cliente, debout devant le comptoir, se retourne et lui sourit :
— Ah ! Vous aussi ? On n’a pas de chance, hein ?
Adélaïde lui jette un regard peu aimable et se tourne de nouveau vers l’hôtesse.
— En effet. Alors ? Avez-vous une chambre ?
L’hôtesse tape nerveusement sur les touches du clavier de son ordinateur, les yeux rivés sur l’écran. Elle semble assez mal à l’aise.
— C’est-à-dire que… En fait, il ne m’en reste plus qu’une.
— Allons bon ! s’écrie Adélaïde. Et qu’est-ce que nous sommes censées faire, selon vous ? Tirer à pile ou face ? Nous empiler comme des sardines ? Il y a forcément un autre hôtel que celui-ci.
— Je suis désolée Madame, mais avec les événements sportifs du week-end, tous les hôtels des environs sont complets.
— Ce n’est pas possible, enfin ! s’énerve Adélaïde.
La jeune femme intervient d’une voix douce :
— Si c’est juste pour une nuit, on peut certainement s’arranger. C’est une chambre double ?
— Avec deux lits jumeaux, répond l’hôtesse avec un regard plein d’espoir.
— Qu’en dites-vous ? On fait coloc’ pour une nuit ? C’est toujours mieux que de dormir sur un banc de l’aéroport ! dit la jeune femme en riant.
Puis, tendant la main vers Adélaïde :
— Je m’appelle Gwendoline. Enchantée.
La vieille dame serre la main tendue, sans conviction :
— Adélaïde. Ravie.
— Ça se voit ! répond Gwendoline avec un sourire malicieux.
— Je vous réserve la chambre immédiatement, souffle l’hôtesse en décrochant son téléphone.

*
**

— Ouf ! lâche Gwendoline en se laissant tomber sur le lit de droite. J’en peux plus, je suis épuisée ! En plus, ces chaussures me cisaillent les pieds !
Elle se penche pour défaire les lanières de ses sandalettes et s’en débarrasse d’un coup de pied.
Adélaïde hausse un sourcil mais parvient à ne rien dire. Elle ouvre sa valise, y prend sa trousse de toilette et se dirige vers la salle de bains.
— L’ampoule de ma lampe de chevet a grillé, constate Gwendoline en actionnant l’interrupteur. Je vais descendre à la réception en chercher une.
Elle se lève et s’avance vers la porte.
— Vous n’allez tout de même pas descendre pieds nus !
— Bah… si ! Il est presque 5 h du matin, je ne risque pas de croiser grand monde. En plus, j’adore marcher pieds nus sur la moquette, c’est tout doux sous les pieds.
— Peu importe, ça ne se fait pas.
— Dites donc, la vie avec vous, ça doit pas être rose tous les jours ! Vous avez des enfants ?
— Oui.
— A mon avis, ils ont pas dû rigoler beaucoup !
Adélaïde pince les lèvres et ne répond pas. Comprenant qu’elle a touché un point sensible, Gwendoline décide de changer de sujet.
— Il fait trop chaud ! Ce qu’il me faudrait, là, maintenant, c’est une bonne baignade dans la mer. Ou un gros orage, ça rafraîchirait l’air.
Elle s’allonge sur son lit et jette un regard par la fenêtre.
— Je déteste être coincée entre quatre murs.
A cet instant, le portable d’Adélaïde se met à vibrer sur la table de nuit. La vieille dame attrape le téléphone, s’excuse vaguement et s’enferme dans la salle de bains. Le son de sa voix, légèrement étouffé, filtre à travers la porte, mais Gwendoline n’entend pas la conversation. Après quelques minutes, Adélaïde ressort de la salle de bains, avec pour la première fois, un sourire sur les lèvres. Elle semble plus détendue.
Gwendoline aimerait la questionner mais son téléphone portable qui se met à sonner à son tour ne lui en laisse pas le temps. Après un bref coup d’œil sur l’écran, elle décroche :
— Mon chéri ! ça va ? … Oui, je suis dans un hôtel, mon avion a rencontré une avarie matérielle, j’attendais une heure décente pour t’appeler… Oui… Ah bon ? aussi… ça devait être le même vol j’imagine, tous leurs avions ne tombent quand même pas en panne, ou alors faut vite changer de compagnie… J’espère que ça ne l’a pas trop fatiguée, à son âge, c’est pas marrant. Et elle a trouvé une chambre ? … Oui… Ah oui ?… Oh oui je vois, n’en dis pas plus ! Je dois te laisser, François, je t’embrasse.
Gwendoline coupe la communication et lève lentement les yeux vers Adélaïde, qui la fixe sans un mot. Son sourire s’est évanoui et deux tâches rouges sont apparues sur ses pommettes délicatement ridées. La jeune femme demande avec douceur :
— Une hippie qui se balade pieds nus et qui n’a aucun sens des convenances, c’est bien ça ?
Adélaïde détourne le regard, gênée. Gwendoline se lève et se plante devant elle, lui souriant de toutes ses dents :
— Eh bien, je ne sais pas pour vous, mais votre hippie de belle-fille est ravie de vous rencontrer ! Oh ! Ne vous en faites pas : je sens qu’on va bien s’entendre toutes les deux !

 

🙂

 

18 commentaires sur “Les opposés s’attirent… ou pas !

  1. Mon texte préféré de l’atelier j’ai pris tellement de plaisir à le lire, un vrai moment de bonheur !
    J’espère qu’on continuera à écrire quand ce sera terminé, ça va me manquer, on aura bien ri…
    allez je vais manger de la pizza au sanglier dans ma piscine sur ma licorne hein
    Des bisous Céline !

    • CelineBouquine says:

      Ohhhh merci Steph !! Ça me touche, vraiment beaucoup.
      Ton texte à tes os craqueurs vaut son pesant d’or, tu sais ! Je l’ai adoré. Tu devrais le faire lire à plein de gens…
      Oui, je pense qu’on continuera à écrire, ça ne tient qu’à nous… 😉
      Pizza piscine licorne… tout y est ! 😀
      Gros bisous Steph

  2. Nolwenn says:

    Ton article est super ! J’ai adoré faire partie de cette atelier et comme toi, au départ j’ai hésité par peur du ridicule !
    Gros bisous !

    • CelineBouquine says:

      C’est gentil, Nolwenn ! Merci beaucoup !
      Ahhh je pense qu’on avait toutes les chocottes au début et puis au final, on est bien contentes de l’avoir fait 🙂
      Gros bisous

  3. Evelyne says:

    Super texte copine plume
    Une vraie scénariste !!
    Quelle expérience pour débuter un été de feu lol.
    En vacance tout ces mots évoqués me ramèneront à vous. C’était super sympa, j’y crois trop, qu’on a toutes un potentiel de fou malade !! Faut avoir le coeur à l’ouvrage et la plume glisse !!
    Des bisous à très vite

    • CelineBouquine says:

      Merci Evelyne ! C’est super sympa.
      Je penserai bien à vous aussi, mais je maintiens : on reste en contact ! 😉
      Gros bisous et merci encore

  4. Karine says:

    Très bel article sur l’atelier et blog très intéressant que je vais prendre plaisir à suivre.
    J’ai adoré ton texte et la fin, encore bravo à toi. 🙂

    • CelineBouquine says:

      Merci Karine ! C’est très gentil !
      Bravo à toi pour tes textes !
      Vraiment cet atelier a été très, très sympa, on y a appris et découvert plein de jolies choses et de jolies plumes !
      À bientôt ! 😉

  5. Céline ! Mais quelle joie de voir que notre joli groupe poursuit sa vie sur tous les supports. Ca me fait plaisir de voir que dès que l’une de vous écrit quelque chose (un article ici, un post instagram là…) les autres sont là comme pom pom girls pour l’encourager ! J’avais adoré ce texte et je te le redis : il ferait un très bon début de roman ! Je t’embrasse ps : les pictos !! <3

    • CelineBouquine says:

      Merci Anne-Gaëlle pour ce gentil mot… qui n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde… et la fille pas sourde a commencé à ecrire un plan… 😉
      Un vrai gros grand MERCI 🙂
      P.S. oui pour les pictos, j’ai pas pu me retenir

  6. DelphineB says:

    Extra cet article, qui me fait découvrir ton blog par la même occasion.
    Un vrai feu d’artifice cet atelier !
    J’aime bien aussi l’idée des « pomm pomm girls  » pour encourager comme le dit Anne Gaëlle.
    Bonne journée

    • CelineBouquine says:

      Coucou Delphine !
      Merci pour ce petit mot, c’est très sympa !
      Oui, je nous imagine toutes en train de sautiller comme des petites folles, pendant que l’une de nous essaie péniblement de se concentrer 😉
      Bonne journée à toi !

  7. gwendoooo says:

    et bééé!!!! très cool ton blog!!! et comme dit AG…nous sommes les pompom-girl les une des autres !!! j’adooore!!!!
    ton texte, ce texte…..haaaa… je l’aime beaucoup!!!! le style, la trame,l’humour qui s’en dégage!!! et puis, ton héroïne est trooop cool (moi d’accord, suis pas objective!!!) mais siii siii… ¨
    les femmes de ce texte sont vraiment attachantes……. j’attends la suite avec impatience

    • CelineBouquine says:

      Merci Gwendo ! C’est super gentil !
      Haha mais siii tu es objective 😀 Sans rire, moi aussi, je les aime, ces personnages.
      J’ai commencé la suite, j’espère que ça prendra la forme que je veux, petit à petit 😉
      Bisous Gwendo !

  8. Claudia MDV says:

    Jolie production! J’aime beaucoup la façon avec laqulle vous conduisez le texte. J’ai beaucoup aimé, merci de l’avoir partagé 😉

    Signé une toute nouvelle plume de juillet de l’atelier d’écriture!

    • CelineBouquine says:

      Merci beaucoup Claudia, c’est très gentil !! J’espère que vous prendrez autant de plaisir à écrire que les plumes de juin 🙂
      En espérant pouvoir lire un de vos textes bientôt 😉

      • Claudia MDV says:

        De rien ! Je l’espère également, j’ai apprécié le premier exercice 🙂 Je ne pense pas que j’aurai l’audace de rendre mes productions publiques.
        En tout cas j’aime bien votre blog, il est frais et accueillant, comme son auteure sans aucun doute ! =)
        À bientôt, je l’espère 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *