Le magasin des suicides – de Jean Teulé

Le magasin des suicides – de Jean Teulé

Le magasin des suicides - Jean Teulé

Éditeur : Pocket (2008)s


L’histoire du « Magasin des suicides » :

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider.
Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…


L’avant lecture :

J’ai découvert « Le magasin des suicides » au moment de la sortie du film réalisé par Patrice Leconte, en 2012.
C’est en discutant avec des amis que j’ai appris qu’il était tiré d’un livre.
Ayant vu le film, je connaissais déjà l’histoire quand j’ai décidé de le lire.
Je m’attendais donc à un humour assez noir et à quelque chose de très décalé, un peu comme l’est par exemple « La famille Addams » (que j’adore, soit dit en passant).

 

Au final :

Je n’ai pas été déçue.
On est dans un tout autre monde, froid et sombre, où la dépression et le suicide sont monnaie courante.
Dans cette société, on est malheureux ou on n’est pas.
Et personne ne déroge à la règle jusqu’à l’arrivée du petit Alan, qui est un concentré de bonne humeur.
Son petit zozotement (présent dans le livre mais pas dans le film) en rajoute encore à son côté attendrissant.
L’écriture est très particulière je trouve, un peu spéciale.
Et le livre est plein d’humour. Le fait d’avoir poussé le concept à fond est vraiment amusant.

Plumeau à la main, elle déplace sans conviction de la poussière au bord d’une étagère où sont exposées des lames de rasoir pour se trancher les veines. Certaines sont rouillées. Auprès de celles-ci, une étiquette indique : Même si vous ne coupez pas assez profond, vous aurez le tétanos.

Oui, c’est noir, mais drôle, et j’ai franchement bien rigolé pendant cette lecture.

 

Ce que j’ai aimé dans « Le magasin des suicides » :


– Avant tout, la grande créativité de l’auteur (notamment pour le nom de tous les différents poisons) et encore son sens de l’humour : bonbon au cyanure ?? Mistral Perdant bien sûr 🙂
Parfois il part carrément dans son trip, comme dans ce passage où la télé, une « 3D-sensations intégrales », diffuse un hologramme de la présentatrice du journal, avec parfum et tout… (passage ci-dessous)

– les personnages, tels qu’ils sont au départ et tout au long de leur évolution, qui ne se fera pas sans douleur pour tout le monde…
– la façon dont l’auteur introduit cette description qui sort juste de nulle part :

Il règne un grand silence qui permet d’observer le style de la salle à manger : un canapé violet (la couleur du deuil) devant les rideaux de la fenêtre donnant sur la cité des Religions
Oubliées, un buffet ancien datant peut-être du XXIème siècle, un lustre en forme de Saturne avec son anneau au-dessus de la table et au fond, dans un coin, une télé relief qui lors des informations permet de croire que la présentatrice est tout entière et en volume dans la salle à manger pour vous annoncer et vous chier sur la gueule les catastrophes les plus inattendues.

 

 

Ce que je n’ai pas aimé :

– Non là ce n’est pas juste « pas aimé », ce serait plutôt « j’ai détesté » : les quatre derniers mots du livre. Juste ceux-là.
Du coup, j’ai tout bonnement décidé qu’ils n’existeraient pas et que le livre se terminerait à la phrase précédente.
Et puis c’est tout, fin de discussion.
Non mais sérieux… 😐

 

On note au passage :

– que le livre est bien plus trash que le film (ceci dit, on peut comprendre, c’était peut-être trop noir pour un film qu’on espère vu par le plus grand nombre) et que pas mal d’éléments ont été modifiés. Mais bon. Ça ne m’a pas empêchée d’aimer les deux.
Je regrette simplement que Vincent et surtout Marilyn aient été un peu relégués au second plan dans l’adaptation.

– un certain nombre de gros mots.
L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère, c’est peu commun et ça m’a plutôt fait rire.
Par contre si vous donnez à lire à un(e) assistant(e) social(e) ou à un(e) pédopsychiatre certains passages où Lucrèce s’adresse assez violemment à son fils, vous risquez d’avoir droit à quelques évanouissements… Remarquez, Mishima n’est pas en reste non plus…

 

Est-ce que je recommanderais ce livre :

Oui. Je l’ai vraiment beaucoup aimé.
Étonnamment c’est un véritable remonte-moral.
Regardez le film aussi, il est sympa !
Par contre, je me permets d’insister : si vous l’achetez, vous prenez par la même occasion un marqueur noir et vous confiez tout ça aux bons soins d’un de vos proches qui se chargera de biffer pour vous les 4 derniers mots, vous savez, ceux qui n’ont rien à faire là !!
Je plaisante bien entendu, moi j’ai découpé la page 😉

Lire un extrait  (cliquez sur la couverture)

9 réactions au sujet de « Le magasin des suicides – de Jean Teulé »

  1. C’est un livre que j’avais énormément aime a l’époque a cause de son humour (qui certes ne convient pas a tout le monde). En revanche je ne me souvenais plus de la fin et je n’ai pas pu resister a aller chercher le livre dans ma bibliotheque pour lire les dernier mots qui t’ont tant choque! 🙂

  2. Je connaissais déjà ce livre, et l’animation aussi, mais j’hésitais à le lire; mais avec ton article, tu m’as donné envie de l’acheter ^^ Merci Céline 😉

  3. Ben tu me remotives parce que j’ai pris dans un troc de livres Ouille Heloise de cet auteur et ce livre me fait peur. Mais avec ce que tu en dis je pense que je vais tenter . Est-ce que c’est dans la même verve que Houellebecq?

    1. Alors là, je n’en sais rien !! Je ne lis pas Houellebecq et n’ai pas lu « Héloïse, ouille ! » non plus…
      Mais « Le magasin des suicides » est très drôle et franchement décalé. Si tu apprécies l’humour un peu grinçant, je te le recommande chaudement !!

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