Il était une fois la Fée Chabada – de Lucie Brasseur

Il était une fois la Fée Chabada - Lucie Brasseur

Éditeur : LB Editions (2016)s


L’histoire de « Il était une fois la fée Chabada » :

Maryline, prostituée la nuit, écrit le jour des contes pour enfants.
Un soir, elle est arrêtée par les Mœurs.
En garde à vue, une cartomancienne lui prédit « la rencontre qui changera sa vie ».
Incarcérée et accusée de meurtre, elle clame pourtant son innocence.
Pour rendre supportable la détention, elle se met à écrire le conte Des Poupées Géantes et de la Poussière de Joie.


L’avant lecture :

Quand Lucie Brasseur m’a envoyé un petit mot sur Twitter pour me parler de son roman tout nouvellement sorti, je ne la connaissais pas encore.
Le résumé m’a tout de suite plu et le prélude m’a donné un aperçu du style de l’auteur, que j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié.
Voici le prélude en question :

Cette histoire aurait pu commencer par il était une fois.
Elle aurait pu raconter les aventures extraordinaires d’une princesse s’amourachant d’un prince charmant. Peut-être l’y aurait-on croisé, valeureux chevalier, arrachant les boucles blondes des griffes d’un monstre terrifiant ; sauvant en même temps les jupons des araignées tissant dans les hauteurs d’un effroyable donjon. Cette histoire aurait balancé, chantonné, fredonné, elle aurait été remplie de vallons amande où les tournesols dorés seraient venus rire, où les petits nuages blancs auraient souri aux gazouillis du vent et où les dragons auraient rendu les armes en marquant la mesure.

Mais à peine les lettres de cet il était une fois romanesque se seraient-elles étirées sur le papier, la magie se serait écrasée, ratatinée, piétinée par les passants d’un trottoir où l’unique princesse de cette histoire passait ses nuits.

À défaut d’être l’héroïne d’un conte de fées, Maryline était fille de joie. Les paillettes de ses robes n’illuminaient aucun bal féerique, n’aveuglaient aucun prétendant intrépide virevoltant. Accompagnant savamment la cambrure de ses reins, elles se limitaient à aiguiser les rêves lubriques de porcs libidineux abandonnant quelques biftons après s’être persuadés d’avoir été heureux.

Cette histoire ne sera donc pas, à proprement parler, un conte de fées. N’y évolueront ni chevalier valeureux, ni sorcières au nez crochu ; pas même de gros dégueulasse s’effaçant sous les traits d’un crapaud coassant au clair des néons blafards d’un motel bon marché.

Et pourtant…

 

Au final :

J’ai aimé ! 🙂
J’ai dû le lire, je pense, en trois fois, avec un petit décrochage, heureusement très court, que je vous explique un peu plus bas.
L’intrigue est sympa et plutôt bien menée.
Il y a eu décrochage, certes, mais quand j’ai repris ma lecture, j’ai été vraiment happée par l’histoire. Les événements se succédaient et je n’arrivais pas à fermer le livre (enfin ma liseuse, quoi).

 

Ce que j’ai aimé dans « Il était une fois la fée Chabada » :

– L’écriture, que je trouve vraiment jolie.

– Des expressions parfois rigolotes :  « moustache mal épilée de surveillante virile » ou « les bigoudis bien plantés ».
Quiconque a eu une grand-mère à bigoudis comprendra PARFAITEMENT l’expression  ! Souvenez-vous du petit pic qui finissait immanquablement planté dans votre pauvre crâne… 😐

– Ce passage sur l’écriture :

— Que ressentez-vous en écrivant ?
— Le papier bâillonne les émotions, il atténue le chagrin, la joie, la peur. Si j’écris, : « j’ai peur », vous ne ressentez rien. Si je veux que vous ayez peur, je dois vous emmener dans mes viscères, faire trembler votre estomac, je dois mouiller vos aisselles et vos tempes, je dois parler du silence, de la nuit et, tout à coup du rire strident qui la perce. Alors, vous aurez peur.
— Que cherchez-vous à dire ?
— Qu’écrire, c’est être condamné à vivre à vif. Pour aider les émotions dans leur voyage, leur transport, leur passage au lecteur, il faut en forcer le trait. Parce qu’il n’y a pas d’histoires sans grand destin, il n’y a pas de livres sans grandes émotions.

– La jolie raison pour laquelle Maryline a choisi de s’appeler la « Fée Chabada » 🙂 mais je ne vendrai pas la mèche.

 

Ce que je n’ai pas aimé :

À un moment dans le livre, j’ai eu le sentiment que le conte (l’histoire dans l’histoire) prenait presque le pas sur l’histoire principale.
Les pages s’enchaînaient, encore et encore, et comme j’étais plus passionnée par l’intrigue policière que par le conte, ça m’embêtait un peu.
Mais finalement, après ce passage un peu plus long que les autres, j’ai trouvé le mélange assez équilibré.

 

On note au passage :

La présence de quelques fautes.
Une petite relecture reste encore nécessaire, mais cela ne devrait pas vous empêcher de profiter de l’histoire 🙂

 

Est-ce que je recommanderais ce livre :

Oui, tout à fait !!
Vous avez là du roman policier, un conte un peu décalé et une écriture travaillée.
Une fois qu’on entre dans le vif du sujet, on a du mal à lâcher le bouquin. Bref, je vous le recommande 🙂

Lire un extrait  (cliquez sur la couverture)

2 commentaires sur “Il était une fois la Fée Chabada – de Lucie Brasseur

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